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Littérature étrangère

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Belek, une chasse dans le Haut-Altaï
Galsan Tschinag
120 pages
L’Esprit des Péninsules
13,00 €

“Belek s’occupa des moutons durant toute sa vie. Cela commença très tôt, car ses parents étaient de pauvres gens. Son père faisait de-ci de-là menuisier - pour autant que ce terme convienne pour désigner quelqu’un qui avec son gîte et tout ce qui en dépendait de près ou de loin changeait constamment d’endroit tout en travaillant le bois ; il fabriquait des seaux à lait, des tonneaux pour la distillation, des bassins à viande, des bêches et d’autres choses de cet ordre. Oui, pendant de longues années Ürükej fut bien un menuisier au sein de la communauté touva : en effet à l’automne il devenait sédentaire pour quelques mois, et plusieurs fois il monta alors un “galdshyrma” à l’endroit où il s’était arrêté avec son foyer, et bâtit ensuite une armature complète de yourte. Pourtant ce ne fut pas ce métier-là qu’apprit Belek, il n’en eut pas le temps ; il fut placé chez des étrangers, et ce fut aux dépens d’autres choses. C’est ainsi qu’il n’apprit ni à chasser, ni à maîtriser une autre de ces activités essentielles dans la vie d’un Touva.”

Deux récits de chasse aux loups nous font remonter le fil de la vie de deux hommes et entrevoir leurs destins. Le premier, Belek, tue un loup, armé uniquement d’un gourdin, à l’age de soixante dix sept ans. Le journaliste qui se souvient de Belek revient au pays et comprend peu à peu l’histoire extraordinaire de ce berger qui fit un temps le malheur de son peuple en s’attaquant à la portée d’un loup. C’est avec le deuxième, Dshaniwek, vieillard solitaire repoussé par les siens que le narrateur choisit de partir à la chasse. L’aventure sera l’occasion d’entendre le récit de la vie de Dshaniwek, confronté dans le passé à une décision terrible qui le conduira à une véritable tragédie. Emouvant et dramatique,le récit de Dshaniwek, soudain devenu loquace, conte l’histoire de Bajnak, le fils jamais reconnu. Deux textes forts où s’exprime l’extraordinaire talent de conteur de Galsan Tschinag. On y saisit les enjeux de la survie dans le Haut-Altaï et la prégnance de l’état communiste sur les touvas qui apparaît de plus en plus forte. Les deux récits de Tschinag ont des accents d’épopée où se mêlent beauté et violence dans une nature toute puissante.

rédigé par Françoise Folliot , 31 mars 2008