Parce qu’il voulait comprendre les motivations des clandestins, savoir comment on en vient à vouloir tout quitter pour un voyage infernal vers un rêve doré, Fabrizio Gatti, grand reporter italien, a pris à son tour, sous une fausse identité, la route des clandestins de Dakar vers l’Europe. On ne connaît que trop ces images de corps noyés ou de naufragés hagards sur l’île de Lampedusa. Mais ce que l’on ne sait pas toujours, c’est que ces hommes sont des survivants. Les derniers rescapés d’une route où à chaque étape ils sont rackettés, maltraités, humiliés. Kinglsey, reportage photographique paru en 2006 chez Marval, dévoilait déjà en images l’itinéraire d’un clandestin, là, les voix se font entendre. Terrible mais indispensable.