Ce qui est formidable avec Pierre Péju, c’est que livre après livre, il nous étonne encore. Son style s’affine (ici vraiment superbe) et ses histoires ne se ressemblent pas. Il fait partie de ces rares écrivains qui se renouvèlent sans cesse. Dans Coeur de pierre, Pierre Péju nous raconte la destinée et le destin de Leila, lycéenne qui décide de tout quitter pour partir sur les routes. Elle croise Schulz, un homme malade, dépossédé de tout matériellement et moralement. Malher, le psychanalyste, Ellen l’irlandaise et Juliette la comédienne, qui sont-ils et en quête de quoi au juste ? Il y a bien Mémé La Noire qui donne une piste à Leila et à nous, lecteur. Et Larsen, écrivain à succés, harcelé par son éditeur, quel rôle jouet- il dans ce coeur de pierre. Pierre Péju dénoue ces multiples histoires qui n’en font qu’une avec simplicité et profondeur. Un grand livre. Un grand écrivain.
“N’est-ce pas la force absurde de retrouver cette vision qui nous donne la force de demeurer durant d’interminables années auprès de quelqu’un dont les traits, le corps, les gestes n’ont plus rien de commun avec ceux de l’être qu’on a vu un jour venir à soi, entre les rayons et les ombres de l’immortelle et ravissante minute première ?