Primo, un homme d’âge mûr, à la vie bien réglée, se lève une nuit, pour la première fois de sa vie. Il vient de se souvenir de la question que son petit ami Massimo, lui avait posé, un matin d’école, quarante ans plus tôt, et à laquelle il n’a jamais répondu. Il quitte alors sa femme, son petit village du Piémont, pour un voyage le long du fleuve à la recherche de cet ami perdu, à qui donner sa réponse.
Dans ce court récit, ce conte aux pierres polies, il y a l’homme, le fleuve et la vie comme elle va ou s’en va. Un fleuve tout puissant qui nourrit les hommes, la pêche à l’esturgeon, mais qui retire aussi la vie, inondations, noyades … Et un fleuve de mémoire. Ce voyage riche en haltes et rencontres, est aussi un voyage dans le temps. Comme les brumes et les brouillards du fleuve qui surgissent, estompent, cachent, la rêverie liquide de la mémoire submerge le récit et des temps perdus, souvenirs arrachés pleins de poésie et de fantastique, réapparaissent comme des chants magiques de l’eau. Une fin inéluctable, mais que la nostalgie rieuse, échevelée rend encore plus irrésistible. Charmé on referme alors un petit livre, un petit miracle.