C’est déjà avec une petite idée de ce qui nous attend que nous abordons le dernier roman d’Alexis. Il nous a accoutumé à ces récits étranges et fantastiques, à ces plongées abyssales dans l’âme humaine, à son écriture romantique, tour à tour retenue et flamboyante, aux transgressions de ses personnages et à l’atmosphère envôutante de ses romans. Avec Figures, nous touchons aux limites de ce qui fonde l’homme. XVIIIème siècle, aux côtés de l’aliéniste Etienne de Creyst, nous descendons dans les enfers de la démence, complètement subjugués par la démesure du projet qui peu à peu nous est révélé. C’est sur les pas de sa nièce que nous découvrons l’univers peuplé d’ombres du médecin où des scènes d’une sauvagerie inouïe nous font frémir. Tout nous rappelle que seule la mort sera rédemptrice. Expériences sans interdit d’aucune sorte, crimes et perversion sexuelle, jusqu’à la perte de toute humanité, la lente transformation et l’avènement du “monstre”, Figures, par vagues successives brouille et anéantit tous les repères. Un livre d’une force fabuleuse que nous ne pouvons lâcher. Une immersion dans un monde parallèle où les personnages sont mus par des forces archaïques. Dérangeant mais fascinant, superbement écrit.