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Littérature étrangère

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Guerre dans le Val d’Orcia
Iris Origo
traduit de l’Anglais par Pierre Dupont
Editions Revue Conférence

En 1924, le Val d’Orcia est une vallée délaissée où règnent illettrisme et érosion. C’est cependant là qu’Iris Origo et son mari achètent à la même époque le domaine de la "Foce". Après quinze années de labeur éreintant, cinquante fermes sont regroupées autour de la "Fattoria" des Origo et cette société rurale retrouve alors toute la prospérité qui lui est dûe. C’est alors que l’Italie s’engage aux côtés de l’Allemagne nazie dans la guerre. Anglo-américaine Iris Origo se retrouve avec son pays d’adoption en guerre contre son pays natal. Il est minuit dans le siècle. Afin de retrouver matière à préserver, elle commence à écrire un journal. L’écriture est espérance. Fuyant les terrifiants bombardements de Turin et de Gênes, une vingtaine d’enfants se réfugient chez la famille Origo. La "Foce" devient un lieu de résistance, de dignité et d’humanité. Iris Origo y "est trop occupée pour se laisser gagner par la peur puisque chaque jour réclame des trésors d’imagination à mesure que tout se fait plus rare". A cela il faut ajouter que le Val d’Orcia est hanté par des déserteurs des deux camps, par des jeunes fuyant la conscription au sein des milices fascistes, par des antifascistes communistes et anticommunistes et que l’occupant allemand n’est jamais loin, faisant en sorte que "les risques de trahisons pèsent constamment sur tous". Tout est alors incontrôlable et incertain. L’écriture devient alors un lieu de repos. Iris Origo dit dans une langue simple et incarnée le jour après le jour. La destruction et le chagrin mais aussi la générosité et le courage au sein de ce réseau rural auquel elle fait confiance. Témoignage de l’Italie de cette époque, ce journal est inondé par la confiance en un quotidien de sens alors qu’il est pourtant impossible d’envisager un avenir immédiat. Il est comme un phare au milieu de la nuit. 

rédigé par Frédéric Calmettes , 10 janvier