Si vous partez à Rome, voilà le compagnon idéal. Si vous ne partez pas, et même si vous n’y êtes jamais allé, une nostalgie vous gagnera aussitôt et vous vous ferez la promesse d’aller à Rome au plus vite. Car c’est une Rome inconnue, inédite, que nous fait découvrir Marco Lodoli.
Pourquoi ce titre, Iles ? C’est l’oeil et le coeur de Lodoli qui découpent dans l’océan Rome des îlots de beauté, avec la conviction que « la beauté ne se donne pas toujours en spectacle, elle est quelquefois mélancolique, elle chuchote incertaine ».
On lit alors dans ces chroniques, le récit d’un cabotage indolent, subjectif, au cours duquel, l’érudition s’effaçant derrière l’humour, une fresque baroque vaut une trattoria obscure. C’est un peu comme si vous remontiez à l’arrière de la vespa de Moretti dans Ciaro Diaro, et voyiez de ci de là une place cachée, une fontaine romaine pour chiens, des non-lieux de la banlieue…
Un livre rare qui inaugure avec génie une série dans laquelle des écrivains italiens donnent une géographie amoureuse de leur ville.
On saluera aussi la réédition, enfin, de L’Italie à la paresseuse, d’Henri Calet au Dilettante, chef d’oeuvre de l’anti-récit de voyage !