Disponible aussi en Cd MP3, aux éditions Livrior, 20 euros
De juin 1942 à octobre 1943, 700000 à 900000 Juifs furent massacrés à Treblinka, un camp conçu exclusivement pour l’extermination, les Juifs épargnés lors des sélections étaient des vivants en sursis servant à aider à la mise à mort et à l’élimination des cadavres. Le 2 août 1943, ultime sursaut (espoir, désespoir ?), en écho peut-être au soulèvement du ghetto de Varsovie, les prisonniers s’insurgent et s’évadent. Une cinquantaine seulement échappe à la traque et à l’exécution.
Juif polonais, Chil Rajchman est déporté en octobre 1942 à Treblinka. Il participe au soulèvement du 2 août 1943, réussit à s’enfuir et après des semaines d’errance trouve refuge, caché, chez un ami dans les environs de Varsovie. Là, alors même que la guerre n’est pas finie, il écrit en yiddish, dans un court texte, le récit de ses dix mois en enfer. Un récit, comme le précise Annette Wieviorka en préface, écrit dans " l’ombre portée de la mort ", où le " je " s’efface devant la description de ce qui est arrivé. Une violence inouïe, le traducteur Gilles Rozier a du parfois suspendre son travail, certaines scènes sont difficilement soutenables. Et le refus de lâcher, Rajchman provoque toujours le hasard pour essayer de survivre.
Ce récit, l’auteur, parti vivre en Uruguay en 1946, le gardait avec lui et s’y rapportait chaque fois que sa mémoire risquait d’oublier. Un crime que les SS dès la fermeture du camp essayèrent d’effacer totalement.
Avant sa mort, en 2004, Rajchman demande de faire publier son témoignage.
Un récit qui hante et qui compte désormais parmi les classiques de la " littérature du désastre ".