Joan Didion, grande figure du monde intellectuel new-yorkais, a marqué les années 60 avec ses nombreux essais et romans sur l’univers des sixties. Elle nous revient aujourd’hui avec un témoignage bouleversant sur le deuil. Un soir, fin décembre, Joan Didion et son mari, l’écrivain John Gregory Dunne, viennent de quitter le chevet de leur fille hospitalisée, plongée dans le coma à la suite d’une grave pneumonie. Tous deux s’apprêtent à dîner lorsque brusquement le mari s’effondre sur la table, foudroyé par une crise cardiaque. “L’année de la pensée magique” est le récit d’une année passée à accepter l’absence de l’être aimé, à remplir ce vide funeste, à transformer la souffrance en force. Les larmes sont sèches et si ce témoignage poignant et sobre n’est pas celui d’une défaite mais d’une victoire contre l’inacceptable, c’est parce que la littérature a été d’un grand soutien pour Joan Didion. Thomas Mann, T.S. Eliot, E.E. Cummings, D.H. Lawrence et bien d’autres auteurs ont, par le truchement de leurs écrits, apporté une aide incroyable à cette dernière. La littérature a joué un véritable rôle de catharsis.
L’année de la pensée magique” n’est donc pas un requiem, mais un grand souffle d’espoir et de force.
Dominique Vivier-Roz