In principio erat Verbum Etrange apophtegme me direz-vous pour un roman s’intitulant “L’Histoire de l’amour “ ! Serais-je tentée de vous perdre ? Bien au contraire, je vous donne un fil d’Ariane pour pénétrer dans le roman labyrinthique de Nicole Krauss. En effet, c’est bien le Verbe que met en scène l’auteur de ce roman qui a pour centre un livre autour duquel tournent trois personnages. Il y a d’abord Leo Gursky, vieux juif new-yorkais qui se dit être le père d’un écrivain célèbre. Puis l’adolescente Alma Singer fille d’une traductrice et qui, pour surmonter la mort de son père, trouve refuge dans la lecture d’un livre dont l’héroïne porte le même prénom qu’elle. Enfin, Zvi Litvinoff, polonais émigré au Chili pour fuir le nazisme et auteur du livre “l’Histoire de l’amour”. Trois destins donc qui finissent par se croiser dans l’écrit, le Verbe. A nous lecteur de recoller les morceaux et de retrouver notre chemin parmi ce labyrinthe textuel où le verbe fait sens en se mettant lui-même en texte : le roman d’un roman. Le lecteur ne s’étonnera donc point de croiser au fil des pages un certain Borges !
L’ouvrage de Nicole Krauss est donc plus qu’un roman : c’est un merveilleux clin d’oeil à tous ceux qui avaient oublié tous les pouvoirs magiques de la littérature, tous les possibles de l’écrit, toute l’importance de la lecture.