La beauté du monde est un livre qui ressemble à son auteur, érudit, passionnant, débordant d’histoires en tous genres. Le biographe de Stevenson et créateur du Festival “Etonnants voyageurs” à Saint Malo dresse ici le portrait d’Osa et Martin Johnson. Si leurs noms ne nous évoquent que très peu de choses, alors il faut suivre le récit de Michel Le Bris et on apprendra que ce couple fut dans les années vingt le précurseur du documentaire animalier. Lui, ami de Jack London, elle, belle femme qui inspira l’héroïne du film “ King Kong “. Au delà de la petite anecdote c’est dans la beauté du monde (Amérique mais surtout Afrique) que ces “amants de l’aventure” selon Hemingway puiseront leur énergie, leur soif de l’ailleurs. De cette vie Michel Le Bris a fait une fiction que l’on a bien du mal à quitter, mais comme il l’écrit page 69 :” Vous savez, toutes les histoires sont sans fin. Parce qu’elles voudraient contenir le monde en son entier. Comme ces bouteilles de vieux marins qui contiennent un trois-mâts, un peu de ciel, et les vagues, et la mer. Manque toujours quelque chose pour que recommence le récit.”.