Le dernier roman traduit de Galsan Tschinag, La fin du chant, nous conte deux histoires, comme en contrepoint l’une de l’autre. Chez les hommes, la mère de Dombuk disparaît précocement laissant un mari perdu et trois enfants orphelins. Chez les chevaux, la jument de la famille a perdu son poulain tandis qu’un autre jeune poulain a perdu sa mère. Dombuk, fillette étonnante de maturité et de grandeur tente par ses chants de convaincre la jument de nourrir l’orphelin. Mais du côté des hommes, c’est sensiblement le même travail qu’elle accomplit, voulant réunir son père et la maîtrese qu’il a aimé toute sa vie afin qu’une famille se reconstitue. Sous le ciel bleu de l’Altaï, les chants et les prières de Dombuk montent dans l’air froid afin qu’hommes et bêtes choisissent la vie. Sobre et lyrique à la fois, l’écriture de Galsan Tschinag sait traduire à la perfection les palpitations du coeur des hommes et les choix difficiles imposés par la vie sur l’Altaï.