Le développement est toujours pensé comme infini alors que nous vivons dans un monde fini. Dès lors, « les démocraties modernes possèdent elles les ressorts nécessaires pour prévenir et affronter la catastrophe écologique due au réchauffement climatique ? » Pour B.Méheust, si l’expression développement durable est employée de manière aussi généralisée c’est que l’on sait bien « quelque part » que cela n’est pas durable. Il s’agit d’un oxymore qui permet au marché de recalibrer la problématique pour la rendre compatible avec nos modes de vie. L’écologie est ainsi récupérée. L’emploi de l’oxymore (« moralisation du capitalisme », « vidéo protection », « flexisécurité », etc.) aurait donc pour objectif de masquer la réalité et d’empêcher tout mouvement de la pensée. « La production et l’usage cynique » de l’oxymore serait donc imposé pour maintenir un ordre. L’auteur nous renvoie évidement au national socialisme. Il semble que la prolifération des oxymores soit donc le fruit de sociétés soumises à de fortes tensions entre saturation et confusion. Une réflexion pertinente.