Le grand artiste Picasso a peint l’extraordinaire tableau Guernica sans jamais avoir vécu cette terrible journée. Le jeune homme un peu naïf qui dessine des hérons dans les marais qui jouxtent le village alors que les bombes tombent sur les maisons et les gens a été touché au plus profond par la tragédie. L’un rencontrera-t-il l’autre ? Dans une langue claire, épurée et touchée par une certaine grâce Antoine Choplin donne vie à la passion d’un jeune artiste autodidacte qui regarde la vie avec des yeux frais et presque enfantins. Il nous montre la patience infinie du peintre pour laisser approcher d’abord le héron cendré puis pour capter l’attitude du grand oiseau, sa dignité et tout simplement la vie qui vibre en lui. Entre ces marais où le temps s’est arrêté et Guernica qui souffre Basilio regarde deux volets d’un même monde. Le jeune peintre contemplatif sera rattrapé par le second et lorsqu’il se perd dans le tableau de Picasso exposé dans le pavillon espagnol de l’Exposition universelle à Paris, sans doute contemple-t-il les deux réunis à travers l’art qui dit aussi bien la vie que la mort.
Un très beau texte qui porte à la réflexion et nous conduit avec délicatesse et fermeté.