Entre la Grèce et la France, Vassilis Alexakis n’a pas eu à choisir et ces deux pays imprègnent toute son oeuvre. Ce qu’il choisit par contre et avec une force et une constance remarquable c’est la langue, les mots, les interrogations qu’ils suscitent et les univers ainsi déployés au gré de sa fantastique érudition. Si c’est autour des mots et plus précisément autour du premier mot que s’articule ce roman, c’est à une fiction en forme d’enquête que nous invite cette fois Vassilis Alexakis. Car ce premier mot là c’est celui que veut connaître le professeur Miltiadis, savant érudit, professeur de littérature comparée à Paris. C’est sa soeur qui, à sa mort, reprendra le fil de l’enquête en cours. Un prétexte, comme vous vous en doutez, pour notre auteur amoureux des langues à jongler avec les théories du langage, à nous présenter avec brio au gré des rencontres de la jeune femme toutes les données scientifiques permettant d’élaborer les hypothèses les plus variées sur ce premier mot prononcé. Un gros livre qu’on lit comme par enchantement, où l’on s’amuse avec les personnages rencontrés, où l’on se passionne pour la quête fantastique des origines du langage, où l’on voyage dans le monde sensuel et magique des mots au fil des souvenirs de l’héroïne et des histoires innombrables qui jalonnent sa recherche.