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Littérature étrangère

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Les disparus
Daniel Mendelsohn
650 pages Pierre Guglielmina (Traduction)
Editions Flammarion
26,00 €

C’est un livre dont on parle déjà beaucoup. Certains pourraient penser, encore un énième ouvrage sur la Shoah, 650 pages en prime, encore un pavé sur l’horreur, sur LA tragédie du XXème siècle. Est-ce que ça ne fait pas un peu trop ? Faut-il être inondé de pages pour se souvenir ? Est-ce que tout ceci ne ressemble pas un peu à un commerce lugubre réitéré chaque année ? Ces questions sont légitimes. Elles se posent et s’imposent souvent à nous. Puis arrive début septembre, un livre d’un parfait inconnu de 47 ans, américain né à Long Island et toutes les questions précédemment citées n’ont plus lieu d’être.

D’abord parce que littérairement le texte est éblouissant et limpide, ensuite parce que l’écrivain nous raconte LA Grande Histoire par sa propre histoire et enfin comme l’écrit l’auteur Jonathan Safran Foer parce que le livre se situe entre “épopée et intimité, méditation et suspense, tragédie et hilarité”. Pour résumer il s’agit d’une photo (page 13) ou plus précisément d’une ressemblance entre un jeune garçon de 7 ans et son grand-oncle Shmiel, mort dans les camps en 1943 avec sa femme et ses 4 filles. “Jadis, quand j’avais six ou sept ans”, écrit-il, “il m’arrivait d’entrer dans une pièce et que certaines personnes se mettent à pleurer”. Or on comprend bien vite le pourquoi de ces pleurs, le lien entre Daniel et Shmiel et les rapports tragiques d’une famille pour une partie restée en Europe de l’Est et pour l’autre exilée aux Etats-Unis entre 1939 et 1945. Daniel Mendelsohn écrira cette fresque familiale pendant cinq années à la façon dit-il “d’A la recherche du temps perdu, une tentative de retour aux fondations de mon histoire, une histoire qui effectivement inclut l’Holocauste”. “Les disparus” est un livre dont on sort grandi et ébloui, il est le contraire de la tristesse. Un vrai chef-d’oeuvre. 

Une fois, j’ai entendu quelqu’un dire, Il était l’un des premiers sur la liste. J’entendais donc ces choses, quand j’étais enfant. Avec le temps, ces bribes de murmures, ces fragments de conversations, que je savais être censé ne pas entendre, ont fini par s’agglutiner pour former les vagues contours de l’histoire que, pendant longtemps, nous avions pensé connaître. Un jour , alors que j’étais un peu plus agé, j’ai eu l’audace de demander. J’avais presque douze ans et ma mère et moi gravissions les marches larges et basses de l’escalier de la synagogue à laquelle nous appartenions. C’était l’automne, les Jours Austères : nous nous rendions à l’Yizkor, le service de commémoration.”
Extrait p 35.

rédigé par Ludwig Blondel , septembre 2007