Un rapace qui n’a aucune innocence, ni même confiance en quoi que ce soit, traverse le ciel. Il observe, il croit dominer, il se dit l’élu. Pourtant, il y a dans l’air comme un trouble, un indicible appel. Dans un lieu dit Rabuchon, une rencontre l’oblige à admettre que « lui si puissant au regard infaillible avait toujours été une manière d’aveugle ». Il découvre des êtres, en l’occurrence des colibris, qui s’offrent à l’absence et, c’est le pire pour lui, qui ont pu survivre des millénaires ainsi. L’un d’entre eux est habité d’une frénésie ludique. Avec son chant il pourrait obtenir le plus riche des territoires et notre rapace ne comprend pas pourquoi il se contente simplement de l’ornement d’une jubilation solitaire. De cette rencontre, le rapace se laisse entraîner dans un travail de désaliénation afin de regarder autrement ce qui l’entoure. Dans la tradition d’Attar, celle de l’oiseau comme messager, porte parole de la sagesse, l’auteur de Écrire en pays dominé et de Texaco nous offre une fable, un conte, un roman au lyrisme généreux.