Roman policier ou roman philosophique ? Le premier roman de Carl Aderhold emprunte aux polars tous ses morts et nous livre une certaine philosophie de la vie ! Car le héros décide purement et simplement de supprimer tout être vivant qui l’indispose. Toute l’aventure commence par le chat de la voisine, puis vient le tour de tous les soi-disant compagnons de l’homme de son quartier pour passer ensuite aux choses sérieuses : les cons ! Mais qu’est-ce que véritablement un con ? Notre héros, en véritable philosophe, se pose la question et nous en livre sa définition. Son vocabulaire se trouve même envahi par le « con » lorsqu’il le prend pour cible : « Convaincu mais confus, contrit et content à la fois, confit un peu aussi contrarié surtout… Encore aujourd’hui le contrecoup, le contrechoc, devrais-je dire de cette considérable constatation me consterne.(…) » En période de doute il consulte un psy qui ne “N’est-ce pas la force absurde de retrouver cette vision qui nous donne la force de demeurer durant d’interminables années auprès de quelqu’un dont les traits, le corps, les gestes n’ont plus rien de commun avec ceux de l’être qu’on a vu un jour venir à soi, entre les rayons et les ombres de l’immortelle et ravissante minute première ? voit rien d’extraordinaire dans le fait de tuer l’autre, mais qui est bien loin d’imaginer l’acte concret. Rien ne semble inquiéter ce drôle de tueur jusqu’au jour où il va éliminer la personne qu’il ne fallait pas. Inhumain notre tueur en série ? Je n’en suis pas certaine lorsque l’on voit tous les cons qui nous empoisonnent la vie !
Carl Aderhold nous offre un premier roman tonique où l’on ne s’ennuie jamais. Une bonne surprise de cette rentrée littéraire.