« J’écris, j’écris comme s’il grêlait, et c’est de l’essence, c’est le riz des fiancés qui pleut sur le papier, l’encre dérape et s’écrase contre les grains, pendant que je m’épanche en larmes lilas. L’humidité de ce climat apporte un épais manteau de sel avec le lilas, je m’y réfugie et apprend à me relire sans pudeur. »
Deux femmes, Wendy Guerra et Anaïs Nin, un même journal et une même ville, La Havane, si bouillonnante, si énigmatique, La Havane qui représente ce père disparu à qui Anaïs a dédié tous ses journaux, La Havane si propice à l’éveil des sens et de la chair qu’elle transforme et marque à jamais.
Anaïs Nin a passé une année à Cuba de 19 à 20 ans, pas encore éveillée, pas encore femme, pas encore Anaïs. Elle n’a laissé que quelques fragments de notes et de journaux que Wendy Guerra a su faire siens. Leurs mots s’entremêlent et ne forment plus qu’une voix venue du coeur, criante de sincérité et de sentiments, qu’une poésie qui entête et nous rend plus humains.
Il est de ces livres que l’on rêve d’avoir écrits. Les mots d’Anaïs, de Wendy sont aussi les miens, les vôtres et ceux de toutes les femmes aspirant à la liberté.