Il faut croire qu’Hemingway est un personnage indispensable au roman au vu du nombre d’auteurs qui se sont emparés du personnage ( Padura, De Cortanze, Kopf, Chérel), sans compter le nombre de biographies impressionnantes quantitativement (s’il n’en reste qu’une ce serait celle de James Mellow aux éditions du Rocher). Hemingway demeure un mythe dont on aime rappeler les frasques même caricaturales : macho, pêcheur, chasseur, boxeur, coureur de jupons et on connaît aussi le « Hemingway géograhique », Cuba, Espagne, Paris, Afrique, Italie. Admettons toutes ces banalités et lieux communs recélant quelques vérités tout de même, mais n’oublions pas qu’Hemingway fut d’abord un écrivain d’une extrême finesse littéraire et c’est par ce biais ci qu’Alberto Garlini traite son sujet dans son très beau Venise est une fête. Le livre débute par le suicide de l’écrivain américain en 1961 puis nous emmène dans sa Venise adorée en 1950. Papa Hemingway y séjourne avec sa femme Mary mais s’éprend de la belle Adriana Ivancich, et comme cela ne suffit pas il vient en aide au jeune Roberto et à la jeune Maria tout droit sortis de Pour qui sonne le glas. Ce sont eux et leurs drames respectifs qui donnent la trame de ce roman merveilleusement classique comme on en lit trop peu aujourd’hui, le roman d’un homme qui a lu et sait rendre hommage avec humilité et talent à son mentor.