Pynchon, Thomas né le 8 mai 1937 à Glen Cove dans l’État de New York.
Drogue, sexe et surf musique.
Pynchon, écrivain chaotique et sans doute difficile à suivre parfois. Il règne en effet dans cette oeuvre une « esthétique » du désordre, de la révolte. Dans Vice caché paru au Seuil le deux septembre 2010, la forme s’apaise pour nous emmener dans les errances d’un improbable Privé.
Hippie, passé des drogues dures aux drogues douces, "Doc" n’entreprend rien avant d’avoir fumé un joint. A cet effet il s’en trouve toujours un au fond d’une de ses poches. Si cela n’est pas le sujet du livre, les cigarettes menthol, les joints et de copieux dîners rythment ce roman d’une grande maîtrise dans le chaos. " Quel style Buddy !"
Avec un art dévastateur de la description par la négative, cette narration désabusée est portée par un sens de l’humour et de l’absurde prompt à supporter les plus belles angoisses de ces décennies 60-70 où volent en éclat, partent en fumée et se dissolvent dans l’acide les grandes certitudes d’une Amérique qui se remet mal notamment du Vietnam de Nixon ou de l’esclavage. Et si le carcan, violemment arraché, de la société "nous" laisse nus et démunis, cet humour évoqué plus haut est ici le seul remède, le dernier facteur humanisant. Rien ne semble déranger "doc", rien ne lui semble étranger.
Ainsi ce personnage désabusé et un peu paranoïaque (on n’a rien sans rien) et en fait un grand humaniste. Le récit de cette enquête errance (l’enquête est un prétexte, ce polar n’est d’ailleurs pas rangé dans le rayon polar) par sa Liberté, ne nous perd pas en route, ne nous laisse pas amer, au contraire, ce Vice caché est plein de vertus.